Crise nucléaire au Japon : repenser nos systèmes de fonctionnement


par Brigitte Adès - Lundi 21 Mars 2011

La nature possède le secret de la survie sur notre planète

 

« Après 3.8 milliards, d’années  de recherche et développement, tout ce qui nous entoure dans la nature possède le secret de la survie, explique la biologiste, Janine Benyus. Pour la première fois dans l’histoire, les inventions en biologie doublent tous les cinq ans. Nous avons désormais les instruments –micro et télescopes ou satellites- pour mesurer l’excitation d’un neurone en activité ou bien assister à la naissance d’une étoile.  En combinant toutes les connaissances, nous sommes subitement en mesure d’imiter la nature comme jamais auparavant ».


Les animaux, les plantes et les microorganismes sont des ingénieurs chevronnés


La nature a donc  beaucoup à nous apprendre. Elle a dû imaginer, de tout temps, des solutions permettant de résoudre des problèmes auxquels nous-mêmes sommes confrontés. Les animaux, les plantes et les microorganismes sont des ingénieurs chevronnés. Ils ont trouvé ce qui marche, ce qui est approprié, et surtout ce qui résiste sur terre. En appliquant ses concepts et processus aux problèmes humains, explique Gauthier Chapelle, directeur et cofondateur de l’ONG, Biomicry Europa, nous pourrons continuer notre développement tout en préservant notre environnement. Voici quelques principes dont nous pouvons facilement nous inspirer :

 

- Utiliser le dioxyde de carbone

 

Les plantes par exemple, savent comment utiliser le dioxyde de Carbone pour leur propre croissance, et des scientifiques en les observant, ont trouvé le moyens de fabriquer des plastiques biodégradables à partir de ce gaz considéré comme uniquement néfaste.  Les mollusques s’en servent pour fabriquer leur coquille.

 

- Encourager les industriels à s’inspirer de la nature

 

Nous pouvons en analysant la composition des récifs coralliens et des coquillages déterminer qu’ils sont faits d’une structure de carbonate de calcium composée d’une combinaison de CO2, de calcium, et d’eau salée. A contrario, l’homme fabrique des matériaux de construction nécessitant une haute température, de hautes pressions et des solvants toxiques produisant une rémanence dans les écosystèmes. Pourquoi ne pas changer nos techniques de production de matériaux et initier les pays émergents à ces technologies moins coûteuses ?

 

- Déceler les produits trop toxiques et les bannir La plupart des produits toxiques ont un équivalent biodégradables dans la nature. Pourquoi ne pas les utiliser afin de ne pas accumuler de produits irréversiblement toxiques dans les écosystèmes ? Au niveau industriel c’est encore plus urgent mais des incitations sont nécessaires.

 

La nature ne fait pas de gâchis

 

Dans les écosystèmes, il n’y a pas de déchet. Chaque élément produit par une espèce va être recyclé comme matière première par une autre.  Des initiatives de transposition de ce principe sont déjà en cours, comme l’installation d’entreprises côte à côte, en les sélectionnant telles que les déchets de l’une puisse servir de matière première à l’autre. Pourquoi ne pas étendre ce simple principe d’écologie industrielle ? 

 

Le vivant se nourrit localement

 

Il faut éviter de consommer des produits nécessitant un transport inutile par moteur à combustion, et apprendre à s’approvisionner selon les saisons, même quand les produits exotiques ne sont pas chers.

Dans la nature, on essaie d’utiliser les énergies gratuites et essentiellement les énergies de flux. La plupart du temps aussi, on est branché sur le soleil directement.

Toutes ces mesures prises à grande échelle faciliteraient la transition vers une société post-carbone.

 

« Quand viendra l’heure où il n’y aura plus d’indium pour les écrans tactiles de vos téléphones portables,  que ferez-vous ? » s’interroge Gunter Pauli, directeur de la fondation Zeri.  Or ce sous produit de l’industrie minière du plomb et du zinc qui possède à la fois la propriété d’être conducteur d’électricité et transparent  sera épuisé avant 2020 ». Ce moment viendra trop vite, comme celui où nous n’aurons plus de combustibles fossiles. Nous devons préparer la transition vers une société post carbone ou en tout cas post combustible fossile. Les écosystèmes pratiquent cela depuis trois milliards d’années, il n’y a pas de raison pour que  nous ne puissions pas le faire aussi. 

par Brigitte Adès

 
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